25 Décembre 2023
"L'orange, seul cadeau à Noël", nous disait papi ou mamie, en rajoutant parfois, un brin moralisateur, "et on s'en contentait !", comme pour étriller gentiment les générations suivantes "pourries gâtées".
L'orange au pied du sapin, rappel réconfortant du bon vieux temps, ou au contraire souvenir amer de Noël bien plus sobre qu'aujourd'hui. Quand l'agrume était le seul luxe que les familles modestes pouvait se permettre.
Oui, luxe malgré tout, que cette orange, fruit exotique pour les français jusqu'à la première moitié du vingtième siècle.
250 ans plus tôt, quand elle fait son apparition en provenance d'Espagne, c'est uniquement à la cour de Versailles qu'on la déguste. Il faut attendre la révolution industrielle au 19ème, l'arrivée du train rappelle nos confrères de 20 minutes pour qu'elle entame une très lente démocratisation. L'orange n'en reste pas moins un fruit rare, et donc cher pendant des décennies.
20 minutes qui a recueilli les témoignages de ses plus vieux lecteurs : "l'orange, un événement dans ma famille ... jusque dans les années 50, raconte Yves on se précipitait pour la déguster".
Quand d'autres, faisaient durer le plaisir, "une fois l’orange ingurgitée, les pelures étaient entourées d’un mouchoir que mon père conservait le plus longtemps possible pour en garder l’odeur" se souvient une autre lectrice. Ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que même dans les milieux modestes, l'agrume se ringardise. Mais l'orange de Noël reste en revanche ancrée dans la mémoire collective et familiale.
Au point qu'il y a peut être chez certains aïeux une "construction du souvenir", ose l'historien Xavier Mauduit, comme le symbole nostalgique d'une époque révolue.
Pour ma part,
je me souviens avec bonheur des quelques cadeaux que
nous découvrions, enfants, le matin au réveil.
Ils n'étaient pas en nombre mais
que d'amour ils apportaient!
Bon mercredi!