16 Mai 2022
Le mouvement "Incredible edible", "Incroyables comestibles" en français, est né en 2008 en Angleterre puis s'est répandu jusqu'en France, par exemple à Metz. Le principe est simple : des potagers participatifs libres d'accès dans des lieux publics.
Le potager des Incroyables comestibles aux Jardins Jean-Marie Pelt, à Metz © Incroyables comestibles
Didier, jardinier amateur natif de Metz, nous accompagne aux Jardins Jean-Marie Pelt. Dans ce parc au cœur de la ville, les Incroyables comestibles cultivent au milieu des promeneurs depuis 7 ans, avec l'aval de la municipalité, un de leurs potagers. Au sortir de l'hiver, il va falloir redonner vie aux quelques 80 mètres carrés un peu en sommeil. Didier nous montre les bacs où différentes plantations sont en train de repartir, plus ou moins timidement. Il y a aussi des restes d'oignons, de carottes, des framboisiers qui ont l'air en pleine forme et quelques petits arbustes fruitiers.
On essaie de planter des choses un peu plus pérennes. Des fois, on n'avait pas assez de gens pour arroser, surtout pendant les grandes vacances, donc on essaie de mettre des choses qui s'entretiennent un petit peu seules. Là, je vois qu'il y a des oignons qui sont ressortis.
Le travail de ces jardiniers bénévoles au début du printemps qui vient va consister à désherber un peu, refaire quelques buttes et semer, "planter, le plus tôt possible", explique Didier. Ils cultivent en Bio, bien sûr ! Et même selon les principes de la permaculture. Il y a un noyau d'habitués mais toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
"Il y a beaucoup de curiosité à chaque fois qu'on jardine ensemble, quand les gens voient cinq, six, dix personnes en train de jardiner, il y en a toujours qui s'arrêtent, qui posent des questions, etc." indique Didier.
L'idée, c'est le partage, la gratuité, la réappropriation du domaine public... Les enfants se servent, goûtent, par exemple des framboises, ils trouvent ça bon...
"Il y a aussi l'idée d'accéder à quelque chose de meilleur, de transmettre les connaissances. Ceux qui ne savent pas jardiner, qui n'ont pas d'espace pour ça dans leur appartement, peuvent venir, apprendre et après, peut-être, avoir un jardin à eux", poursuit-il.
La récolte est modeste mais tout le monde est invité à se servir gratuitement, qu'il ait jardiné ou pas, en restant raisonnable. Ce qui n'est pas toujours le cas dans ce lieu public ouvert à tous...
Ca fonctionne si les gens sont raisonnables. Ils ne le sont pas toujours ! Bien souvent, on constate qu'il cueillent avant maturité. Il veulent être les premiers à prendre un fruit.
Il y a eu des vols et quelques dégradations aussi. Des plants déterrés. "Le projet étant ce qu'il est, on sait que ça peut arriver", déplore Didier. Le potager est en pleine ville, il se réapproprie le domaine public, "ça génère parfois des comportements pas adaptés, on va dire !" conclue-t-il, avant de préciser que ces actes d'incivilité ou de vandalisme restent minoritaires. Il est convaincu que l'idée est bonne et émet le souhait qu'elle continue à prospérer.
On veut convaincre les gens que c'est relativement facile de faire pousser des fruits et légumes, que ce soit chez soi, même sur des balcons, en jardinière, etc. On connait des pays qui ont une autosuffisance alimentaire locale bien plus prononcée que la nôtre. On souhaiterait voir plein de gens se rallier à nous, jardiner avec nous et créer le plus d'endroits possibles comme ça.
Incroyables comestibles à initié une douzaine de potagers publics à Metz. Le mouvement est implanté dans 80 communes en France.
Bon mercredi