16 Octobre 2023
- Ben m'man,
t'as pas dit non!
-.-.-.-.-
C’est une question qui a fait l’objet il y a quelques temps d’une discussion sur X, ex-Twitter. Tout est parti d’une simple anecdote confiée par une maman sur le réseau social.
Oui, parce que c’est ce qu’on fait nous les parents : on pense souvent que toutes nos aventures domestiques sont dignes d’être rapportées avec la gravité et le sérieux d’un épisode d’ « Affaires sensibles ».
Aujourd’hui, donc, dans « Affaires sensibles de darons », cette mère de famille américaine qui raconte comment elle a subitement lutté contre sa tendance naturelle et spontanée à dire « non » à son fils le jour où elle l’a finalement laissé jouer avec son circuit automobile dans son bain, comme il le réclamait (circuit non électrifié, je précise).
Son histoire a été likée plus de 200 000 fois et de nombreux autres parents y sont allés de leur contribution au débat. L’un raconte qu’il a laissé ses enfants trainer en pyjama tout la journée, un autre les a autorisés à petit-déjeuner d’un reste de pizza froide. Rien d’autre que ce qu’on fait nous adulte, quand on a la gueule de bois.
En tout cas, ces parents disent avoir découvert qu’il faut savoir choisir ses combats et que dire plus souvent « oui » à leurs enfants ne va forcément saper leur autorité.
Certainement pas. Déjà, parce que rétrospectivement, si j’avais dit "oui" à tout, je serais aujourd’hui l’heureuse propriétaire de 13 chiens, 8 chats, 4 poneys, et un toboggan dans mon salon. Mais quand même, je me suis demandé si en effet, on avait collectivement en tant que parents le "non" un peu trop facile.
Et c’est bien le cas. En tout cas d’après une étude qui révèle que "non" est l’un des mots le plus employés par les parents. Ce sondage mené auprès de 2000 parents montre aussi qu’en moyenne, les parents disent « non » à leur enfant 23 fois par jour, soit 8395 fois par an !
Ils disent non quand leur enfant veut : "se coucher plus tard, commencer un repas par le dessert, aller seul au parc, ou encore jouer aux jeux vidéo". Soit des demandes pas franchement délirantes mais qui mettent autant la pression aux parents que s’ils avaient le doigt sur le bouton nucléaire.
Ca vient peut-être du fait qu’à force d’entendre que le sucre, les écrans, le manque de sommeil, les sorties non surveillées représentaient d’immenses périls, on a fini par décider que le mieux était encore de tout refuser en bloc, par principe de précaution.
Non, toujours pas. Et je vais finir par croire que c’est ma fille qui a écrit nos textes. En revanche, il y a un cncept intéressant à explorer. Qui a d’ailleurs fait l’objet d’un film plutôt chouette :
"Yes day", c’est le titre de ce film Netflix inspiré d’un livre jeunesse dans lequel a été inventé ce rituel : une fois par an et pendant 24h, les parents disent oui à toutes les demandes de leur progéniture. Même les plus folles.
Alors, il y a des règles à respecter bien sûr : rien d’illégal, rien qui ne nécessite de s’éloigner à plus de 30 km du domicile familial, et rien de trop cher. Peu de chances donc de vous retrouver en prison, à l’hôpital. Ou pire… Chez Eurodisney.
Dans le film, et c’est un peu la morale de l’histoire, les enfants ne demandent finalement rien d’autre qu’un peu d’autonomie et beaucoup de bonbons. Les parents, eux, réalisent que le quotidien est moins éprouvant quand on lâche un peu du lest.
Alors, bien sûr, ça n’est que du cinéma. Mais figurez-vous qu’il y a quand même des parents qui ont tenté l’expérience dans la vraie et ils rapportent tous que ça s’est plutôt bien passé, et que ça a permis de forger de jolis souvenirs (et aussi quelques couronnes dentaires, il faut bien l’avouer).
J'attends vos réactions, vos expériences (s'il y en a),
votre avis quoi...
Bon mardi!