19 Avril 2023
Photo prise au Musée de l'image à Epinal.
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Il vous est sans doute arrivé d’entendre et peut-être de proférer des préjugés. Parmi quelques exemples tirés de "L’histoire des préjugés", sous la direction de Xavier Mauduit et Jeanne Guérout :
À l’évocation de ces préjugés, vous avez sans doute levé un sourcil en vous disant : "quel ramassis d’âneries". Et pourtant, ces préjugés persistent et sont le fruit d’une longue histoire. Ces catégories de pensée simplistes demeurent malheureusement et peuvent entraîner des discriminations, des violences dans la vie réelle ou en ligne.
Les préjugés sont omniprésents, à tel point qu'on ne s'en rend pas compte. Notre structure mentale est ainsi faite que le regard porté sur l'autre est lié à une volonté de comprendre un monde complexe, donc notre cerveau à tendance à mettre des étiquettes, des classifications à l'égard desquelles il faut prendre justement prendre du recul. L'approche historique et la psychologie sociale elle, par exemple, apportent une vision dynamique pour jamais se laisser surpasser par la catégorisation potentielle.
Le préjugé naît dans un contexte particulier de domination, où un groupe de dominants cherche la plupart du temps à exclure, à écarter un groupe plus affaibli, des gens minoritaires. Donc on colle une étiquette pour les écarter, de façon à ne pas se confronter à l'altérité. Un schéma cognitif naturel dans notre structure mentale qui nécessite d'être connu et décomplexifié afin de prendre le maximum de recul quand on y est tenté et éviter, même indirectement, de céder aux amalgames hasardeux.
Du point de vue de la psychologie sociale, la chercheuse en psychologie sociale Klea Faniko nous apprend qu'il est essentiel de bien avoir conscience qu'en amont, trois étapes forment l'expression même d'un préjugé :
1) Le processus de catégorisation, soit un processus mental inconscient qui consiste à organiser des individus dans des groupes sociaux. Cette catégorisation s'organise selon trois critères qui la dirigent :
- Le sexe ou le genre de l'individu.
- L'âge de la personne.
- L'origine ethnique ou la couleur de peau.
2) Une fois que notre cerveau a fait ce processus de catégorisation inconscient, il active les stéréotypes qui sont des croyances établies en fonction des caractéristiques de comportements, des attributs, des membres de certains groupes (identité de genre, orientation sexuelle, handicap, âge, convictions religieuses…)
3)... Avant de laisser place aux préjugés, qui consistent en une antipathie basée sur une généralisation rigide et erronée. On peut le résumer simplement en un sentiment ou en émotions négatives. Là où le préjugé concerne ce que nous ressentons sur le plan des émotions, les stéréotypes, eux, concernent les croyances qui les conditionnent, ce qu'on partage sur les autres, les idées, les images figées qu'on peut porter sur les autres individus.
Le problème, c'est que ce continuum allant de la catégorisation des stéréotypes jusqu'aux préjugés, peut déboucher sur des discriminations. L'histoire des préjugés, c'est surtout une histoire des discriminations et des dominations que supposent leur utilisation puisqu'ils se présentent comme des vérités universelles. C'est d'une certaine manière la quatrième étape : une fois que le préjugé est exprimé, il formalise une manifestation comportementale envers un individu ou envers un groupe d'individus sous plusieurs formes qu'énumère la psychologue sociale :
- Le préjugé interpersonnel (par exemple, d'un individu à autre, directement, qui refuse de louer son appartement à quelqu'un parce qu'il vient d'un autre pays.).
- Le préjugé institutionnel (quand il s'agit par exemple des pratiques ouvertes qui vont limiter le choix ou les opportunités de certains groupes comme la discrimination salariale à l'égard des femmes).
- Le préjugé culturel qui fait référence au fait que, dans chaque société, il y a une hiérarchie sociale, des groupes dominants, des groupes dominés. Ce sont systématiquement les groupes dominants qui détiennent le pouvoir qui vont définir les valeurs culturelles et la forme que ces valeurs vont prendre.
Comme tout le monde (je suppose),
je me suis souvent interrogée sur certaines personnes,
certains faits mais j'essaie de prendre du recul
avant tout jugement,
même si ce n'est pas toujours évident...
mes ami(e)s y contribuent.
Bon vendredi!