Il y a cinq jours, à Milan, l’hôtel créé par Philippe Starck, a décroché la première place lors de la cérémonie des « Hôtel Design Awards 2026 », une consécration internationale. Deezen, l’un des magazines d’architecture les plus lus au monde, a classé l’hôtel messin parmi les dix plus belles réalisations de la planète. Début avril, l’hôtel a été inscrit à la liste du Club Art Travel qui sélectionne les lieux procurant émotion et plaisir.
Jean-François Herbeth , principal investisseur : « Philippe Starck a réalisé un lieu fantasmagorique qui n’existe nulle part ailleurs. Ces prix consacrent ce côté unique et inédit. »
Arnaud Montigny, directeur général : « Le concept est dans l’architecture mais aussi dans le récit (la demeure de Manfred Heler, soulevée par une tour en béton qu’un Niou a tenté de construire à l’autre bout du globe, NDLR), dans la décoration ou encore dans l’assiette qui incite au voyage et à la découverte. Le travail de notre équipe est de faire vivre cette expérience. »
Cet hôtel quatre étoiles inscrit au catalogue Curio by Hilton n’est pas un palace ni une table gastronomique. Ce positionnement hybride lui vaut des réactions parfois contrastées de la part des clients. Que leur répondez-vous ?
A. M. : « On a l’image d’un hôtel d’une grande qualité. C’est pourquoi les gens attendent les prestations d’un cinq étoiles. Au restaurant, on a amélioré la qualité des assiettes et du service. Les vendredis et samedis sont très demandés et nos équipes qui acceptaient beaucoup de clients limitent davantage. »
J.-F. H. : « Au début, il y avait beaucoup d’ambiance avec des soirées DJ. Nous avons réduit les animations à certains samedis avec une soirée spéciale une fois par mois. On est unique donc on ne rentre pas dans les cases. Cela peut dérouter les clients qui attendent un cadre plus strict. »
Cet hiver, l’hôtel affichait un taux d’occupation de 50 %. Avez-vous progressé ?
A. M. : « On est aujourd’hui à 55 %, alors que le début d’année est calme à Metz, dans la moyenne des hôtels quatre étoiles. Si on écarte les dimanches et lundis, on n’est pas loin des 100 %. Notre taux va augmenter au fur et à mesure de nos contrats avec les entreprises. On ne peut pas se comparer avec des hôtels qui tournent depuis longtemps. »
J.-F. H. : « En un an, Maison Heler recueille déjà 1 200 avis sur internet, autant que d’autres établissements quatre étoiles à Metz en dix ans ! »
Les deux restaurants trouvent-ils leur clientèle ?
J.-F. H. : « Ils fonctionnent très bien avec un ticket moyen à 60 € par personne, en hausse car les clients se font davantage plaisir. Dès mai, les brunchs du dimanche, mensuels durant la période hivernale, deviendront hebdomadaires sur la terrasse du 9e.»
A. M. : « Les restaurants représentent 60 % du chiffre d’affaires total. »
L’hôtel est connu pour sa terrasse panoramique. Comment allez-vous exploiter celle du rez-de-jardin ?
A. M. : « Cette terrasse a été conçue par Philippe Starck comme un écrin de verdure à l’abri des regards extérieurs. Avec les canapés, la musique, le terrain de pétanque et les lampes de guinguette, elle offre un charme particulier. À partir du 29 mai, on lance les apéros pétanque les jeudis. Pour la Coupe du Monde, on diffusera certains matchs. »
Philippe Starck est-il revenu à Metz depuis l’ouverture ?
J.-F. H. : « Il vient régulièrement en prévenant au dernier moment. Il veille à ce que tout soit en place. Il n’a pas aimé, par exemple, qu’on positionne les cartes de visite sur une statue à l’entrée, car cela revient à dénaturer une œuvre d’art. Il ne veut rien voir sur le desk ! »
A. M. : « Il était là en décembre pour faire une interview avec une journaliste de Télématin sur France TV. Il m’a proposé une visite commentée de l’hôtel : c’était un moment incroyable. »
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