8 Octobre 2025
J'ai toujours eu de l'admiration pour cet homme, pour ce qu'il a fait, pour ce qu'il était...
Une classe de collégiens de troisième de Cognin, près de Chambéry, assistera jeudi 9 octobre à la panthéonisation de Robert Badinter. Caché ici pendant l’occupation, le parcours de l’ancien garde des Sceaux permet à ces collégiens de réfléchir sur la justice et la fraternité.
Dans la classe de Rosène Charpine, professeure d’histoire-géographie, la voix de Robert Badinter résonne à travers un extrait d’archive.
Les élèves tendent l'oreille, avant d'être interrogés par leur enseignante : "Il parle de quoi, Robert Badinter ? C’est à quelle occasion ?"
"C’est quand il veut abolir la peine de mort à l’Assemblée", répond un collégien. Les élèves réfléchissent, guidés par leur professeure, aux arguments utilisés en 1981 par le garde des Sceaux. "Tout le monde a le droit à une seconde chance", avance une élève, "Un État qui résout la violence par la violence, ça ne peut pas marcher", ajoute un autre. Jeudi soir, la classe assistera avec son enseignante à la panthéonisation de Robert Badinter, à Paris. Les collégiens de Cognin ont été conviés par l’Élysée à cette cérémonie prévue à 19 heures.
Les élèves connaissent aussi le lien personnel entre Robert Badinter et leur commune de Cognin. "Ce qui restait de la famille Badinter, après la rafle où leur père a été arrêté à Lyon, est venu se réfugier à Cognin, parce qu’ils savaient que quelqu’un pouvait les accueillir. Il avait votre âge", rappelle leur professeure d'histoire-géographie. "C’est de l’injustice, réagit une collégienne. Ça ne se fait pas de vouloir tuer quelqu’un parce qu’il a une autre religion, ou ne croit pas la même chose."
Pour Rosène Charpine, enseigner la vie et les combats de Robert Badinter est un moyen de donner du sens aux valeurs transmises par le collège : "Ce n’est pas si évident que ça de parler d’antisémitisme, explique-t-elle. On amène les élèves à s’interroger, à s’exprimer. Pouvoir mobiliser cette figure, la rattacher au territoire, c’est concret. C’est quelqu’un qu’on croise en lisant la plaque sur une maison, dans l’établissement, parce qu’il y a des traces de son passage." Tous les sujets abordés par Robert Badinter, ajoute-t-elle, sont propices au débat : "On échange des arguments, on s’écoute. C’est le principe même de la démocratie."
Robert Badinter était revenu plusieurs fois à Cognin pour rencontrer des élèves. Mais toujours en dehors du collège, encore nommé Henry Bordeaux, du nom d’un écrivain pétainiste. Une demande a été déposée l’an dernier pour rebaptiser l’établissement.
Qui admirer aujourd'hui?
Je me pose la question quand je regarde l'actualité,
hélas....
Bon mercredi!